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7 mars 2002 4 07 /03 /mars /2002 00:00
Pénétrer dans des systèmes informatiques est à la mode à Saint-Pétersbourg, ancienne capitale impériale, où a été formé Vladimir Lévine, premier pirate russe ayant volé plus de 10 millions de dollars à Citibank en 1994.

 « Tous les bons informaticiens de Saint-Pétersbourg sont également pirates informatiques », affirme Denis Khartchenko, un ingénieur de 30 ans qui avait gagné sa vie pendant des années grâce au piratage.

Ils pénètrent dans des systèmes informatiques du Pentagone (ministère américain de la Défense) et du FSB (services de sécurité russes) ou entrent dans ceux des banques : le mythe et la réalité sont indissociables pour les jeunes diplômés des universités techniques russes qui s’amusent à se procurer gratuitement des « bricoles » ou rêvent de la gloire des grands « hackers ».

« Deux centres scientifiques russes, Saint-Pétersbourg (nord-ouest) et Novossibirsk (Sibérie), ont la réputation d’être de grands pourvoyeurs de pirates informatiques de haut niveau », dit Konstantin Kitaïev, le responsable du « Département R » local du ministère de l’Intérieur chargé de la lutte contre les délits informatiques. « Les délits dans ce domaine se multiplient en progression géométrique », poursuit M. Kitaïev.

Les pirates ont des motivations et des spécialisations différentes. « Des étudiants des écoles techniques pratiquent le cambriolage des logiciels pour être in. Pour des gens sérieux, c’est une bonne source de revenus », raconte Denis Khartchenko, actuellement employé d’une société informatique de Saint-Pétersbourg. Il y a des pirates informatiques qui travaillent sur commande de sociétés en volant pour elles des logiciels spécialisés, selon Viatcheslav, un autre informaticien de Saint-Pétersbourg.

« Ce n’est pas très facile de trouver à Saint-Pétersbourg un travail bien payé pour un informaticien. Pourquoi ne pas gagner un peu d’argent en piratant si tu es capable de le faire ? », dit-il.

Le marché noir de la deuxième ville de Russie est inondé de logiciels volés dont le prix est nettement inférieur à celui des magasins spécialisés.

« Dans le métro, vous pouvez pour 40 roubles (un peu plus d’un dollar) acheter un soft rare qui coûte plusieurs centaines de dollars », reconnaît Denis.

Les policiers sont cinq à lutter contre les pirates informatiques dans la deuxième ville russe (5 millions d’habitants) et ne gagnent que l’équivalent de 80 dollars par mois, mais semblent être aussi passionnés par leur travail que ceux qu’ils poursuivent.

« Tous mes collègues sont des enthousiastes. Des professionnels de leur niveau pourraient gagner cent fois plus dans le secteur privé », souligne Alexandre Vassiliev, chef-adjoint du « Département R » qui a ouvert 345 enquêtes criminelles à Saint-Pétersbourg au cours des huit premiers mois de 2001. Quelque 1.375 délits ont été commis en Russie en 2000 dans le domaine de l’informatique et des hautes technologies, selon les chiffres officiels.

« Pour la plupart des pirates informatiques russes, leur activité n’est qu’un passe-temps, mais ils font très vite des progrès », estime Alexandre Vassiliev.

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Published by Cyberpolice - dans Cybercriminalité
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