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Cyberguerre

Le bureau de l'industrie et de la sécurité (BIS) du département américain du commerce (DoC) a été victime d’une attaque massive de pirates qui ont utilisé des serveurs installés en Chine. Les hackers auraient tenté de voler des données sensibles sur le réseau de l'agence gouvernementale.

En effet, le BIS est chargé de l’exportation de technologies américaines de pointe civiles et militaires. Son objectif principal est de préserver la sécurité nationale, la politique étrangère et les intérêts économiques des États-Unis.

Rapidement, le bureau de l'industrie et de la sécurité a décidé de couper l’accès à Internet, limiter son accès à quelques postes déconnectés du réseau interne et de changer des ordinateurs qui auraient pu être infectés ou corrompus.

« Aucun vol de données n'est à signaler » selon le porte-parole du département américain du commerce.

Comme le souligne Zataz, si les adresses utilisées par les pirates étaient chinoises, rien ne prouve que derrière cette connexion se cachait bien un chinois. Toutefois, des officiels du gouvernement auraient reconnu, selon l’AFP, que « ces assauts avaient au moins obtenu l'aval tacite du gouvernement chinois pour mener ses actions ».

 


Peu après les actes de terrorisme commis sur le territoire britannique, le journal anglais The Sun annonçait dans son édition du 31 juillet que les services de renseignements de Sa Majesté (le MI5) reçoivent l'aide de « hackers patriotiques » pour mener des attaques contre des sites Internet liésaux  mouvements peu ou prou proches d'Al-Qaïda.

En effet, on peut être islamiste intégriste appelant au Djihad contre l'Occident et utiliser les moyens d'information et de communication de ce dernier. C'est ainsi que le web sert de vitrine pour faire valoir la « cause » via un site Internet, diffuser des communiqués de presse et publier des revendications d'un attentat ou de la captures d'otages.

Dans son ouvrage, La Quatrième guerre mondiale, François-Bernard Huyghe démontre très bien les batailles informationnelles livrées via les réseaux numériques, les écrans de télévision et/ou d'ordinateurs.

Selon Neil Doyle, présenté par The Sun comme expert anglais dans l'étude de l'utilisation d'Internet par des terroristes, le MI5 aurait changé sa stratégie « cybernétique » depuis les attentats à Londres du 7 juillet dernier. Fini le temps de la veille sur le Net. C'est le début, pour le MI5, d'une cyberguerre qui, avec l'aide de pirates informatiques, aurait pour objectif de fermer les sites recrutant kamikazes et autre main d'oeuvre à but terroriste.

Et le spécialiste britannique d'ajouter que « la Grande-Bretagne est le centre du réseau de communication d'Al-Qaïda et beaucoup de ses activités « online » sont coordonnées d'ici. » Des hackers « civils » auraient aussi monté, indépendamment des services secrets, des opérations de piratage contre des sites appelant au Djihad.

Cela rappelle l'épisode de l'administration Bush demandant officiellement aux pirates informatiques américains de ne pas attaquer les réseaux irakiens, à l'occasion du début de l'engagement militaire étatsunien contre le régime de Saddam Hussein... sauf que cette fois-ci, le Premier ministre britannique ne l'interdit pas !

Cyberpolice relatait les attaques cybernétiques menées, le 15 avril dernier, contre des organismes gouvernementaux japonais, alors que la crise entre Pékin et Tokyo à propos de la publication d'un manuel d'histoire "révisionniste", atteignait son point culminant (Lire l'article "Des cyber-attaques chinoises contre le "révisionnisme" japonais").

Selon l'édition datée d'aujourd'hui d'Intelligence Online, les services de renseignements japonais estiment que ces cyber-attaques étaient un "exercice" réalisé par une équipe composée de spécialistes de l'infoguerre relevant du ministère de la défense chinois.

Cette information met donc à mal la piste, initialement évoquée, d'un éventuel soulèvement populaire et "électronique" chinois... qui n'était évidemment pas démenti par Pékin.

 

Cyberpolice avait présenté dès le 21 mars 2003, dans l'article "Pirater, non. Bombarder, oui", la position de l'administration Bush concernant le « piratage patriotique » américain contre l'Irak... tout en estimant qu'il était étonnant qu'un pays, comme les Etats-Unis, ne dispose pas de sa propre force de pirates informatiques.

L'existence d'une telle cellule vient d'être officiellement révélée. En effet, lors d'un U.S. Senate Armed Services Committe qui s'est déroulé il y a quelques semaines, les chefs du Commandement stratégique américain (U.S. Strategic Command), connu aussi sous le nom de Stratcom, ont révélé la présence dans leur structure d'une unité au sigle barbare : JFCCNW, autrement dit Joint Functional Component Command for Network Warfare. Tout un programme !

Les missions de cette entité consiste à défendre les réseaux informatiques du DoD (Department of Defense) et à superviser les actions classifiées du Computer Network Attack ou CNA. Ces cybercombattants pourraient bien compter dans leurs rangs des agents de la CIA, de la NSA, du FBI, des militaires des différentes armées. Il est à noter que c'est ce même U.S. Strategic Command qui est en charge de l'ensemble de l'arsenal nucléaire militaire américain... Est-ce-à-dire que le piratage informatique devient aussi stratégiquement important que le feu atomique ? Le capitaine Damin Pickart, porte-parole du Stratcom, a affirmé que "the DOD is capable of mounting offensive CNA. For security and classification reasons, we cannot discuss any specifics. However, given the increasing dependence on computer networks, any offensive or defensive computer capability is highly desirable."

Dans la logique de la "Révolution des affaires militaires" (et notamment du C4ISR -Command, Control, Communications, Computers, Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance), amorcée dès les années 1990, et l'élévation de la théorie du zéro mort (qui en découle) au rang de dogme, cette entité combattante d'un genre nouveau se comprend aisément. Dèjà, lors du conflit dans les blakans, des opérations de destruction de réseaux informatiques avaient eu lieu. Pirater les centres nerveux d'informations est un acte de manoeuvre militaire conforme à la stratégie militaire : neutraliser rapidement, pendant un conflit, les points de communication. Pourquoi envoyer des bombardiers au risque de voir la DCA ennemie les détruire ?

L'existence de cette équipe de cyberguerriers correspond à l'application cybernétique du principe du « shoot-and-forget » dans les combats aériens : la technologie permet d'éviter au combattant de prendre des risques physiques trop importants.

Le terrain était propice à voir émerger cette cyberforce suite à la signature par Georges Walter Bush de la  National Security Presidential Directive 16 (peu de temps après les actes de terrorisme du 11 septembre 2001) ordonnant au gouvernement de développer des techniques lui permettant, par exemple, de paralyser des radars ou des installations électriques, et de mener de facto une guerre cybernétique. Un porte-parole du Pentagone avait déclaré à l'époque que l'armée envisageait d'inclure de nouvelles technologies dans son arsenal, sans donné plus de détails (voir l'article "Internet comme arme de guerre" du 20 février 2003).

Le mauvais souvenir des images de soldats américains lapidés par une foule armée de machettes en Somalie (diffusées en continu par CNN) et l'impact de celles-ci sur l'ensemble de la population états-unienne a évidemment marqué le pouvoir politique. Aujourd'hui, ce type de vidéos est directement diffusé sur des sites internet et repris par les médias, comme l'exécution d'un américain enlevé en Irak. Afin de lutter contre ces opérations psychologiques (appelées aussi psyops), la JFCCNW diposerait d'un mandat légal pour détruire, pirater ces sites web soit en effaçant le contenu soit en créant une rupture de service du serveur.

 

Les relations sino-japonaises se sont largement dégradées depuis 15 jours suite à la publication au Japon d'un manuel d'histoire qui minimiserait les exactions commises par l'armée impériale nippone en Chine pendant la Seconde guerre mondiale.

Alors que des milliers de manifestants chinois se pressent dans les rues en brandissant des banderoles « La guerre contre le Japon n'est pas terminée » ou en scandant « Le Japon dehors ! », d'autres semblent choisir des méthodes plus cybernétiques.

En effet, les services gouvernementaux nippons de la police et de la défense ont été la cible ces derniers jours d'attaques informatiques : "Nous sommes en train d'enquêter mais il est très possible qu'il s'agisse d'une attaque cybernétique au cours de laquelle un énorme volume de données a été adressé à notre site internet", a déclaré un porte-parole de la police nationale. Des problèmes de connexion aux sites Internet du ministère de la Défense et du ministère des affaires étrangères ont été constatés dès le 13 avril.

Un porte-parole de la Défense a affirmé que s'il était effectivement très difficile de déterminer les causes en seulement quelques jours, il n'était pas impossible que la Chine y soit mélée. Et ce d'autant plus qu'un site Internet chinois appelant au patriotisme et au nationalisme antinippon, incitait chacun à envoyer des spams afin de provoquer des ruptures de service des serveurs japonais.

On peut remarquer que face à cette mobilisation populaire contre le Japon, le gouvernement chinois n'appelle pas au calme de façon ni appuyée ni convaincante.

Dans ce contexte, deux autres éléments sont aussi à prendre en compte :

- Il existe aussi un contentieux entre ces deux pays sur la question de l'exploitation d'un gisement de gaz en mer de Chine orientale. Dans ce climat de relations bilatérales tendues, Tokyo a lancé la procédure d'attribution à des compagnies japonaises de licences d'exploitation d'un gisement de gaz naturel. Le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi a toutefois nié tout lien avec les manifestations chinoises.

- Par ailleurs, la Chine refuse que le Japon entre dans le club très restreint des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, ce qui conférerait au Japon un droit de véto.

Au travers du différend sur le révisionnisme japonais, c'est bien de l'influence géostratégique des deux pays sur la région dont il s'agit ici.

 

Cyberpolice vous annonçait le 3 mars 2003 qu'une cyberguerre psychologique avait été menée par le Pentagone contre les généraux irakiens.

Le 20 novembre dernier, Computer Crime Research Center publiait la confirmation publique de cette information par Richard Clarck, ancien responsable du contre-terrorisme au sein du Conseil national de sécurité américain.

Des messages personnalisés du type "We're about to invade. We're going to overwhelm you and if you resist us we're going to kill you. But we don’t want to do that. So really the best thing for you to do when we invade is to go home." étaient envoyés par Internet à tous les militaires irakiens avant l'arrivée des GI's.

Reste à déterminer l'efficacité réelle de ce "psyops" nouvelle génération...

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