En admettant que la guerre froide ait été la troisième, la quatrième a-t-elle commencé le 11 Septembre ? Deux sortes didéologues au moins en sont persuadés : les terroristes jihadistes et les faucons U.S. qui prétendent les combattre en supprimant tous les dangers en amont. Comme ils lont expérimenté hier en Irak. Demain, leur quête dune sécurité impossible (zéro ennemi, zéro sanctuaire, zéro arme de destruction massive ?) peut étendre le conflit ailleurs.
Les deux camps font tout pour le transformer en guerre perpétuelle, sans victoire possible. Les rapports de force y compteront moins que les croyances et les représentations.
Lauteur analyse la logique du terrorisme, ses objectifs symboliques, mais aussi les projets des stratèges, les réseaux didées à Washington, le fonctionnement et les ratés de la surveillance planétaire, la fabrication des images ou des illusions médiatiques, le jeu de linfluence idéologique et culturelle. Ces machineries invisibles font que le conflit est désiré, pensé, promu. Face à elles, il ne faut guère compter sur le moralisme sermonneur ni se contenter de dénoncer des intérêts cachés, mais il est urgent de décrypter la nouvelle polémologie de linformation.
Docteur dÉtat en Sciences Politiques et habilité à diriger des recherches en Sciences de lInformation et de la Communication, François-Bernard Huyghe, (La soft-idéologie, La langue de coton, Les Empires du mirage) travaille sur les rapports entre information et conflit et enseigne à HEC, ainsi quà lÉcole de Guerre Économique. Médiologue et fondateur de lObservatoire dInfostratégie, il a notamment écrit "Lennemi à lère numérique, Chaos, Information, Domination" et anime des recherches sur les rapports entre information et conflit.
Quatrième guerre mondiale de François-Bernard Huyghe, Editions Du Rocher, 2004.